Une intermodalité en péril dans les Hauts de France ? Interpellez vos élus régionaux.

Communiqué du collectif Vel’Hauts de France, Lille, le 13 juin 2025

La Région Hauts-de-France a annoncé la mise en place d’une obligation de réservation pour les vélos à bord de certains TER, entre le 6 juillet et le 2 novembre 2025. Cette mesure concernera six lignes majeures, vers Paris et vers la côte.

Nous croyons donc comprendre que l’objectif est de « réguler » l’emport des vélos dans les trains « touristiques » en période estivale.

Les lignes concernées :

  • K12 : Lille <–> Paris (2 A/R par jour, uniquement les week-ends)
  • K13 : Paris <–>  Maubeuge (via Saint-Quentin)
  • K14 : Paris  <–> Saint-Quentin
  • K16 & K21 : Paris <–> Amiens <–>  Calais (via Abbeville, Le Touquet, Boulogne-sur-Mer)
  • K70 : Lille <–> Dunkerque

Une mesure qui interroge

Si l’objectif semble être de réguler l’affluence estivale, la période annoncée s’étend bien au-delà de l’été. Cette décision risque de pénaliser à la fois les touristes et les usagers du quotidien, notamment les travailleurs qui dépendent du vélo pour leurs trajets domicile-travail.

Deux publics, deux besoins

  • Les pendulaires : pour de nombreux salariés, le vélo est un maillon essentiel de leur trajet quotidien. Pour éviter l’emport, il faudrait :
  1. Une offre de stationnement sécurisé et facilement accessible dans toutes les gares, ce qui pourrait permettre d’avoir deux vélos, dont un qui resterait stationné en gare de départ ou d’arrivée.
  2. Que les stationnements existants soient ouverts (plusieurs vélo-stations sont créées mais non ouvertes, particulièrement dans l’Oise)
  3. Que la vélo-station de la gare du Nord à Paris soit accessible avec la carte Pass-Pass
Gare de Dunkerque
Gare de Creil
Gare de Chantilly

Sans ces conditions et en rendant compliquée la possibilité d’emport des vélos, la mesure risque d’être contre-productive en incitant les salariés à se tourner vers la voiture. Pour mémoire, le collectif « Mon vélo dans le train », et la FUB (Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette), rappellent que « la réservation doit rester facultative, accessible et équitable, sans pénaliser les cyclistes réguliers. »

  • Les touristes : entre les politiques régionales différentes, les sites de réservation multiples et les barrières linguistiques… c’est parfois plus simple de traverser l’Europe à vélo que de réserver une place dans un TER. Le risque est de voir les touristes se tourner vers d’autres régions plus accueillantes.

Une stratégie à revoir ?

Plutôt que de restreindre l’accès aux vélos, les associations appellent à investir dans des infrastructures adaptées et à développer une vraie stratégie intermodale :

  • Une offre de location de vélos en gare (via les employeurs, les CCI, la SNCF, ….), favorisant aussi les vélos pliants, non comptabilisés dans les trains
  • Stationnement sécurisé dans toutes les gares (jour & nuit) :
    • Création d’abris sécurisés dans toutes les gares et mise en service de ceux qui sont réalisés mais fermés
    • Accès faciles aux abris avec la seule carte Pass Pass même sans abonnement SNCF

Pour une mobilité durable et cohérente

En attendant la réalisation effective d’aménagements et la mise en place de location de vélos en gare de départ et/ou d’arrivée, nous demandons à ce que cette période soit considérée comme une phase de tests, sans verbalisation.

Regrettant qu’une décision aussi impactante ait été prise unilatéralement malgré les relations nouées avec la région l’an dernier, les associations du collectif Vel’Hauts de France se tiennent à disposition pour tout échange constructif car le train et le vélo sont des alliés naturels dans la transition écologique. Encore faut-il leur donner les moyens de cohabiter harmonieusement. La Région est appelée à revoir sa copie pour favoriser une mobilité douce, accessible et inclusive.

 

christophe.coulon@hautsdefrance.fr 
 jean.cauwel@hautsdefrance.fr  
edouard.courtial@hautsdefrance.fr   
francois.deshayes@hautsdefrance.fr  
michel.guiniot@hautsdefrance.fr  
audrey.havez@hautsdefrance.fr  
nathalie.lebas@hautsdefrance.fr  
daniel.leca@hautsdefrance.fr 
manoelle.martin@hautsdefrance.fr  
gilles.mettai@hautsdefrance.fr  
martine.miquel@hautsdefrance.fr 
 loic.pen@hautsdefrance.fr 
denis.pype@hautsdefrance.fr  
olivier.engrand@hautsdefrance.fr

4 avis sur “Une intermodalité en péril dans les Hauts de France ? Interpellez vos élus régionaux.”

  1. Après avoir randonné avec nos vélos nous avons rencontré des difficultés à accéder aux places que nous avions réservées car il est impossible de prévoir dans quelle partie du train on trouvera les places libres (6) ou déjà complètes et on n’a pas eu assez de temps pour changer d’endroit. Le compartiment était donc encombré par les vélos ( 9 vélos pour 6 places ) empêchant la circulation alors qu’il restait des places dans l’autre compartiment. Expérience pénible. Il faudrait qu’à chaque arrêt de train le personnel SNCF ait le temps d’indiquer aux cyclistes où se trouvent les places libres. On nous demande par ailleurs d’arriver sur le quai 20 minutes avant le départ, et le train (K70)ne s’arrête que quelques minutes, ne nous laissant pas le temps de trouver les places libres. On ne sait pas non plus à quel endroit sur le quai vont s’arrêter les wagons cyclistes. Quelle pagaille pour tout le monde !

  2. Bonjour, pour avoir fait l’expérience (catastrophique) de la réservation de billet vélo dans les ter, je peux confirmer que c’est le KO.
    En bourgogne il faut aller sur un autre site que le site habituel pour acheter le billet de train.
    On ne peux réserver que 2 places à la fois (pas pratique quand on est une famille de 4).
    Idem en Occitanie, on a dû réserver par un autre site pour avoir un autre qrcode. Simplicité Zero.

    On dirait que leur solution pour éviter les problèmes c’est éviter de transporter des gens.

    1. Bonjour, oui c’est compliqué, d’autant plus que dans le Hauts de France il faut uniquement réserver par internet et non pas aux guichets de la gare. Alors que de plus en plus de personnes utilisent le vélo comme moyen de transport que ce soit pour aller au travail ou pour les loisirs à une époque où la tendance générale est d’éviter la réduction les embouteillages et de réduire la pollution compliquer ce mode de déplacement n’a aucuns sens.

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