Vélos interdits dans les trains aux heures de pointe : la colère monte chez les cyclistes franciliens

L’interdiction de voyager dans un train en Ile-de-France avec un vélo en heures de pointe est en vigueur depuis des décennies. Jusqu’à récemment la SNCF et la RATP faisaient preuve d’une grande tolérance tant que les cyclistes ne gênaient pas les autres voyageurs ou ne montaient pas à bord quand les trains étaient blindés.
Mais depuis plusieurs mois, nous avons de nombreux retours de verbalisations de cyclistes (150€). Cette politique répressive suscite l’incompréhension des usagers. Cette réglementation est jugée inadaptée aux besoins des cyclistes et au nécessaire développement de la pratique duvélo. Lucette, adhérente de CycloTransEurope, est allée à leur rencontre.

Isabelle Masson

Pour Isabelle Masson, le problème dépasse la seule question des horaires. « Il n’y a pas assez de places pour les vélos, ni dans les Transiliens ni dans les trains grandes lignes. On décourage les cyclistes et la réglementation est inexistante », estime-t-elle.

 
Mehdi Houches

Même sentiment pour Medhi Houches, qui effectue chaque jour le trajet entre Creil et Paris. « Mes horaires de travail ne correspondent pas aux transports. Comment voulez-vous que je fasse sans mon vélo ? », s’interroge-t-il. Il affirme continuer à voyager avec son vélo malgré le risque de sanction : « J’aurai peut-être une contravention, mais je n’aurai pas les moyens de payer les autres solutions. »

 
Fabien Gruselle

Plusieurs voyageurs reconnaissent les contraintes liées à l’affluence dans les trains, mais estiment que des aménagements seraient possibles. « Je comprends que les vélos puissent poser des difficultés aux heures de pointe, mais il faudrait un espace vélo dans chaque train », plaide Fabien Gruselle. « Je prends le risque de voyager avec mon vélo parce que je n’ai pas d’autre choix. »

 
Claire

Pour Claire, enseignante dans un lycée francilien, l’intermodalité entre train et vélo est essentielle. « Avec le vélo et le train, mon trajet dure une heure. Sans le vélo, il me faut près de trois heures », explique-t-elle. Elle propose la création de places réservées aux vélos, accessibles à toute heure sur réservation.

 
Boualem

Au-delà des restrictions elles-mêmes, plusieurs usagers dénoncent un manque d’information. Boualem Benhamouche affirme avoir découvert récemment l’existence des amendes. « Je ne savais même pas que je pouvais être verbalisé. Où est-ce affiché ? Ce n’est pas normal de m’empêcher d’aller travailler», estime-t-il.

Laure

Laure Gibert partage ce constat. « Tous les jours, j’utilise mon vélo dans le train. La réglementation n’est pas suffisamment affichée. Quand on achète un billet, ce n’est pas indiqué non plus », regrette-t-elle. Comme d’autres voyageurs, elle réclame davantage d’emplacements dédiés. Plusieurs témoignages convergent vers une même demande : mieux intégrer le vélo aux transports collectifs. « Pourquoi ne pas prévoir une partie des wagons pour les vélos ? », suggère
Mea Taly. Une proposition reprise par de nombreux usagersinterrogés.

 
Pour Jauffrey Dumas, la question relève même d’un choix de société. « Ce n’est pas une bonne mesure. Au contraire, tous les transports devraient être accessibles aux vélos », estime-t-il.
Face à ces critiques, les gestionnaires du réseau invoquent généralement des impératifs de sécurité et de capacité dans des trains déjà fortement chargés aux heures de pointe. Mais pour ces voyageurs, la question reste entière : comment encourager les mobilités durables si l’association du vélo et du train demeure si difficile, voire impossible, au moment où les déplacements domicile-travail sont les plus nombreux?
 
Le débat sur la place du vélo dans les transports collectifs semble ainsi loin d’être clos.
 
Lucette Quesnes

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